Crédit à la consommation : emprunter seul, à deux ou avec une caution
Avant de comparer des offres de crédit à la consommation, une question se pose souvent plus tôt qu’on ne le pense : qui signe ? Vous seul, deux co-emprunteurs, ou un emprunteur accompagné d’une caution. Ces trois montages n’engagent pas les mêmes personnes, ne laissent pas les mêmes traces à la Centrale des crédits de la Banque nationale et ne se défont pas de la même façon.
En bref : empruntez seul si votre capacité de remboursement suffit ; à deux si le bien financé profite réellement aux deux ; et ne demandez une caution que si la personne peut assumer elle-même la somme garantie.
L’essentiel
- Deux co-emprunteurs répondent en principe chacun de la totalité de la dette, même après une séparation.
- La caution ne reçoit pas l’argent, mais le prêteur évalue aussi sa solvabilité et consulte la Centrale à son nom.
- Le prêteur ne peut se tourner vers la caution qu’après deux échéances impayées (ou 20 % du total à rembourser) et une mise en demeure restée sans effet pendant un mois.
- Le contrat de sûreté doit préciser le montant garanti ; la caution reçoit gratuitement, au préalable, un exemplaire du contrat de crédit.
Trois montages, trois niveaux d’engagement
| Montage | Qui est tenu de rembourser ? |
|---|---|
| Emprunter seul | Le seul signataire (sous réserve de la solidarité entre époux ou cohabitants légaux pour certaines dettes du ménage). |
| Deux co-emprunteurs | Les deux, généralement pour le tout : le prêteur peut réclamer l’intégralité du solde à l’un ou à l’autre. |
| Emprunteur + caution | L’emprunteur d’abord ; la caution à hauteur du montant garanti, si l’emprunteur ne paie pas. |
Emprunter seul
Le prêteur évalue votre solvabilité à partir de vos seuls revenus et charges, et consulte la Centrale des crédits aux particuliers avant de conclure (Code de droit économique, art. VII.77). Le montant accessible est donc limité par votre propre budget : l’article sur le choix d’un prêt personnel détaille les critères qui comptent ensuite pour comparer les offres.
Si vous êtes marié, signer seul ne met pas toujours votre conjoint à l’abri. L’article 222 de l’ancien Code civil prévoit que toute dette contractée par l’un des époux pour les besoins du ménage et l’éducation des enfants oblige solidairement l’autre, sauf si elle est excessive eu égard aux ressources du ménage. Une règle comparable existe pour les cohabitants légaux (art. 1477, § 4). La cohabitation de fait ne produit pas cet effet.
Emprunter à deux : les co-emprunteurs
Les deux personnes signent le contrat de crédit en qualité d’emprunteurs. Le prêteur évalue la situation des deux, ce qui peut élargir le montant envisageable. En contrepartie :
- Chacun peut être poursuivi pour la totalité. Les contrats prévoient généralement la solidarité entre co-emprunteurs : le prêteur n’a pas à partager sa demande en deux.
- Le crédit apparaît au nom des deux à la Centrale et sera pris en compte dans toute demande de crédit ultérieure de chacun.
- Une séparation ne change rien pour le prêteur. Un accord entre ex-partenaires selon lequel l’un reprend le crédit ne lie qu’eux. Pour libérer l’autre, il faut l’accord du prêteur, qui n’est pas obligé de le donner. Les démarches sont expliquées dans notre guide pour se désolidariser d’un crédit à la consommation.
Se porter caution : un engagement d’une autre nature
La caution (ou, plus largement, la personne qui constitue une sûreté personnelle) ne reçoit pas l’argent. Elle s’engage à payer si l’emprunteur ne le fait pas. Le Code de droit économique encadre cet engagement pour les crédits à la consommation :
- Elle est interrogée et évaluée. Le prêteur lui demande des renseignements exacts et complets sur sa situation financière (art. VII.69), évalue sa solvabilité et consulte la Centrale à son sujet (art. VII.77 et VII.149).
- Elle est enregistrée. Les données de la Centrale comprennent l’identité de la personne qui constitue une sûreté (art. VII.148, § 2) ; le contrat de sûreté doit l’en informer (art. VII.109, § 2).
- Son engagement est chiffré. Le contrat précise le montant garanti ; la sûreté ne vaut que pour ce montant, éventuellement augmenté des intérêts de retard, à l’exclusion d’autres pénalités ou frais (art. VII.109, § 1).
- Elle est informée. Elle reçoit au préalable et gratuitement un exemplaire du contrat de crédit, est informée de sa conclusion et de toute modification, et est prévenue en cas de retard de deux échéances ou d’au moins un cinquième du total à rembourser (art. VII.109 et VII.110).
- Elle n’est appelée qu’en dernier recours. Le prêteur ne peut agir contre elle que si l’emprunteur est en défaut d’au moins deux échéances ou de 20 % du montant total à rembourser, et ne s’est pas exécuté dans le mois suivant une mise en demeure par recommandé (art. VII.111).
Pour un crédit à durée indéterminée, comme une réserve d’argent (ouverture de crédit), la caution ne peut être réclamée que pour cinq ans ; au-delà, il faut son accord exprès (art. VII.109, § 3).
Ce que la loi ne fait pas : elle ne permet pas à la caution de se retirer seule en cours de contrat. Une brouille ou une séparation n’éteint pas l’engagement.
Exemple chiffré : le même crédit, deux montages
Hypothèses purement illustratives : un prêt à tempérament de 12 000 € sur 60 mois, TAEG de 7 % (taux choisi pour l’exemple, ce n’est pas une offre), sans autres frais, mensualités constantes.
| Élément | Montant |
|---|---|
| Mensualité | 236,40 € |
| Total à rembourser (60 mois) | 14 183,93 € |
| Coût du crédit | 2 183,93 € |
| Capital restant dû après 24 mois | 7 680,56 € |
| 20 % du total à rembourser | 2 836,79 € |
Montage 1 : deux co-emprunteurs. Après deux ans, le couple se sépare et l’un garde la voiture financée. Le capital restant dû (7 680,56 €, hors intérêts des mois suivants) peut être réclamé en totalité à l’un ou à l’autre tant que le prêteur n’a pas libéré celui qui s’en va.
Montage 2 : un emprunteur et une caution pour 12 000 €. Tant que les mensualités sont payées, la caution ne verse rien. Si l’emprunteur cesse de payer, le prêteur doit attendre un défaut de deux mensualités (472,80 €) ou de 20 % du total, puis un mois après la mise en demeure, avant de se tourner vers elle, dans la limite des 12 000 € garantis et des intérêts de retard.
Le calcul utilise le taux mensuel équivalent au TAEG annuel (1,071/12 − 1). Pour comprendre ce qui fait varier la mensualité et le coût d’un tel crédit, voyez notre page sur le prêt à tempérament.
Comment trancher : cinq questions
- Le montant est-il accessible seul, sans vous mettre en difficulté ? Si oui, c’est le montage le plus simple à gérer en cas de changement de vie.
- Le bien profite-t-il réellement aux deux ? Une voiture familiale peut justifier deux co-emprunteurs ; un besoin personnel, beaucoup moins.
- Le projet commun est-il stable ? La solidarité survit à la relation ; la libération dépend du prêteur.
- La caution pourrait-elle payer elle-même le montant garanti ? Si ce n’est pas le cas, elle ne devrait pas signer.
- Quelle forme de crédit correspond au besoin ? Prêt à tempérament, crédit lié à un achat, ouverture de crédit : la question est traitée dans notre guide quel type de prêt à la consommation choisir.
Erreurs fréquentes
- Signer comme co-emprunteur « pour rendre service » alors qu’on ne profitera pas du bien financé.
- Croire qu’une convention de divorce ou de séparation libère l’un des deux vis-à-vis du prêteur.
- Se porter caution sans avoir lu le contrat de crédit ni vérifié le montant garanti.
- Oublier que l’engagement de caution et le crédit en tant que co-emprunteur seront vus par les prêteurs lors d’une prochaine demande.
Ce qui ne change pas selon le montage
Quel que soit le montage, le crédit à la consommation reste soumis au livre VII du Code de droit économique : évaluation de la solvabilité et consultation de la Centrale avant la conclusion, délai de 14 jours pour renoncer au contrat (art. VII.83) et droit de rembourser à tout moment tout ou partie du solde (art. VII.96). Chaque personne peut consulter gratuitement les données enregistrées à son nom à la Centrale des crédits aux particuliers (Banque nationale de Belgique).
Questions fréquentes
Un co-emprunteur peut-il se retirer du crédit ?
Pas de sa propre initiative. Il faut l’accord du prêteur, qui réévaluera la capacité de remboursement de celui qui reste. À défaut, les solutions passent par un nouveau crédit au nom d’un seul, la vente du bien ou un remboursement anticipé.
Une caution peut-elle annuler son engagement ?
Non unilatéralement pour un crédit à durée déterminée : l’engagement prend fin avec le remboursement de la dette ou avec l’accord du prêteur. Pour un crédit à durée indéterminée, il est limité à cinq ans sauf renouvellement exprès.
Vaut-il mieux être co-emprunteur ou caution ?
Le co-emprunteur dispose des fonds et du bien, mais répond en principe de toute la dette dès le premier jour. La caution ne dispose de rien et n’est appelée qu’en cas de défaut, dans la limite du montant garanti. Si la personne profite réellement du financement, être co-emprunteur est plus cohérent.
Comparer une offre de prêt personnel
Une fois le montage choisi, vous pouvez consulter l’offre de prêt personnel de notre partenaire commercial Solucredit (lien commercial). La demande reste soumise à l’examen de solvabilité du prêteur.
Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent.
Sources
- Code de droit économique, livre VII, art. VII.69, VII.77, VII.83, VII.96, VII.109 à VII.111, VII.148 et VII.149 (texte consolidé Moniteur belge / Justel, version du 24/09/2026).
- Ancien Code civil, art. 222 (solidarité entre époux) et art. 1477, § 4 (cohabitation légale), via Portail e-Justice européen, fiche Belgique (mise à jour 31/03/2026), consultés le 24/09/2026.
- Wikifin (FSMA), Le cautionnement et Que risquez-vous si vous vous portez caution pour un crédit ? (mises à jour du 12/02/2026), consultés le 24/09/2026.
- Banque nationale de Belgique, Centrale des crédits aux particuliers, consultée le 24/09/2026.

