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Prêt d’argent entre particuliers en Belgique : règles, écrit et alternatives

Oui, en Belgique, un particulier peut prêter de l’argent à un membre de sa famille ou à un ami. Ce prêt occasionnel échappe aux règles du crédit à la consommation, parce que la loi réserve la qualité de « prêteur » à ceux qui prêtent dans le cadre d’une activité commerciale ou professionnelle. Il n’est donc encadré par aucune réglementation particulière : c’est aux deux parties de fixer par écrit le montant, la durée et les éventuels intérêts.

À l’inverse, une personne qui propose publiquement et régulièrement de prêter de l’argent exerce une activité réservée aux prêteurs agréés ou enregistrés par la FSMA. Les « prêts entre particuliers » proposés sur les réseaux sociaux sont d’ailleurs le terrain de prédilection des escroqueries au faux crédit.

L’essentiel

  • Prêter à un proche est permis, sans montant maximum.
  • Un écrit signé (convention de prêt ou reconnaissance de dette) évite les conflits et sert de preuve.
  • Des intérêts ne sont pas obligatoires ; s’il y en a, un précompte mobilier de 30 % est en principe dû.
  • Un « particulier » inconnu qui vous propose un prêt en ligne n’est pas un prêteur autorisé.
  • Pour un crédit auprès d’un professionnel, les protections du Code de droit économique s’appliquent.

Prêt entre proches ou prêteur agréé : ce qui change

La différence ne tient pas au montant, mais au statut de celui qui prête.

  • Qui prête ? Entre proches : un parent ou un ami, occasionnellement. Prêteur agréé : une banque ou un prêteur autorisé par la FSMA.
  • Cadre : entre proches, ce que prévoit l’écrit signé par les parties ; chez un prêteur agréé, le Livre VII du Code de droit économique.
  • Coût : entre proches, intérêts libres, éventuellement nuls ; chez un prêteur agréé, un TAEG annoncé et plafonné par la réglementation.
  • Contrôle : entre proches, aucun examen imposé ; chez un prêteur agréé, évaluation de la solvabilité et consultation de la Centrale des crédits aux particuliers.
  • Recours : entre proches, dialogue, mise en demeure puis justice ; chez un prêteur agréé, service plaintes, Ombudsfin ou SPF Économie.

Ce que dit la loi belge

Le Code de droit économique définit le prêteur comme la personne physique ou morale qui consent un crédit dans le cadre de ses activités commerciales ou professionnelles (article I.9, 34°). Un prêt ponctuel à un proche ne répond pas à cette définition : il reste un contrat civil entre deux particuliers.

En revanche, l’article VII.159 prévoit que nul ne peut exercer en Belgique l’activité de prêteur sans être au préalable agréé ou enregistré par la FSMA. Une personne qui fait de la publicité pour prêter à des inconnus, de manière répétée et contre rémunération, sort du cadre familial ou amical.

Conséquence pratique : les protections du crédit à la consommation (information précontractuelle, TAEG plafonné, évaluation de la capacité de remboursement, délai de rétractation) ne s’appliquent pas à un prêt entre proches. Seul ce que les parties ont convenu, de préférence par écrit, fait foi.

Mettre le prêt par écrit

Wikifin, le site d’éducation financière de la FSMA, recommande de fixer les conditions du prêt par écrit. Deux formes sont possibles.

La convention de prêt

Adaptée aux montants importants, elle mentionne utilement :

  • les noms, prénoms et adresses complètes du prêteur et de l’emprunteur ;
  • le montant prêté, en chiffres et en lettres, et la manière dont il a été remis (virement de préférence, pour garder une trace) ;
  • la raison du prêt (achat immobilier, voiture, etc.) ;
  • la durée et le calendrier de remboursement ;
  • le taux d’intérêt éventuel, les modalités de paiement des intérêts et, le cas échéant, les intérêts de retard ;
  • le nombre d’exemplaires, le lieu et la date de signature.

L’emprunteur signe, de préférence après la mention « lu et approuvé ». Point d’attention : sans date de remboursement, le prêteur peut en principe réclamer son argent quand il le souhaite.

La reconnaissance de dette

Pour un petit montant, un document écrit à la main et signé par l’emprunteur peut suffire. Il indique les noms, prénoms et adresses des deux parties, le montant prêté et l’engagement de l’emprunteur à le rembourser au prêteur.

Intérêts : autorisés, mais fiscalement encadrés

Rien n’oblige à demander des intérêts. Le prêteur peut toutefois en prévoir pour compenser ce qu’il ne gagne plus sur son épargne ; Wikifin suggère de prendre pour référence le rendement d’un compte d’épargne ou d’un autre placement.

Les intérêts perçus sont un revenu mobilier. Selon Wikifin, un précompte mobilier de 30 % est dû (sauf si le prêteur n’a pas ou peu de revenus imposables) et c’est l’emprunteur qui doit le retenir, le déclarer et le verser à l’administration fiscale dans le délai prévu. Le régime peut différer selon le but du prêt : pour les formulaires et délais, renseignez-vous auprès du SPF Finances avant le premier paiement d’intérêts.

Exemple chiffré

Hypothèses, purement illustratives : un parent prête 12 000 € à son enfant, remboursables en 48 mensualités constantes. Deux options sont comparées : sans intérêt, puis avec un taux convenu de 2 % par an (taux mensuel de 2 % ÷ 12).

Élément Résultat
Mensualité sans intérêt 12 000 € ÷ 48 = 250,00 €
Mensualité à 2 % par an 260,34 €
Total des intérêts à 2 % 496,39 € sur 4 ans
Précompte mobilier (30 %) 148,92 €, retenu et versé par l’emprunteur
Intérêts nets pour le prêteur 347,47 €

Calcul : mensualité = capital × i ÷ (1 − (1 + i)−48), avec i = 0,02 ÷ 12. Ces montants ne constituent ni une offre ni un taux recommandé.

Les étapes d’un prêt entre proches

  1. Évaluer ce que le prêteur peut se permettre : ne prêter qu’une somme dont l’absence prolongée ne le mettrait pas en difficulté.
  2. Vérifier la capacité de remboursement de l’emprunteur : revenus, charges, crédits en cours. Un refus bancaire récent est un signal à prendre au sérieux.
  3. Fixer montant, durée, intérêts éventuels et calendrier, puis les écrire.
  4. Verser la somme par virement, avec une communication qui renvoie à la convention.
  5. Organiser les remboursements (ordre permanent, par exemple) et, s’il y a des intérêts, régler le précompte dans les délais.
  6. Conserver les preuves : convention, extraits de compte, échanges écrits.

Risques et limites

  • Le risque de non-remboursement repose entièrement sur le prêteur. Wikifin appelle à une prudence particulière lorsque le proche s’adresse à vous parce qu’une banque a refusé de lui prêter.
  • Les tensions familiales : un prêt à un enfant peut susciter des jalousies chez ses frères et sœurs.
  • Le manque à gagner : l’argent prêté ne rapporte plus rien sur le compte d’épargne tant qu’il n’est pas remboursé.
  • Aucune protection légale spécifique pour l’emprunteur : pas de délai de rétractation ni de plafond de taux comme pour un crédit professionnel.

En cas d’impayé, la première étape reste une discussion. À défaut de solution, une mise en demeure écrite, idéalement par recommandé, précède toute action en justice ; les intérêts de retard ne courent qu’à partir de cette mise en demeure. Les délais de prescription s’appliquent aussi à ces prêts : ne laissez pas traîner une dette impayée.

Les « prêts entre particuliers » en ligne : un piège fréquent

La FSMA décrit un schéma récurrent : un prétendu prêteur, souvent présenté comme un particulier, promet un crédit à des conditions très avantageuses, puis exige un versement préalable pour des « frais de dossier », de « légalisation » ou une « assurance ». Une fois la somme payée, il disparaît.

Signaux d’alerte relevés par la FSMA :

  • une offre de crédit reçue par internet ou sur les réseaux sociaux sans l’avoir demandée ;
  • une adresse e-mail en @gmail.com, @hotmail.com ou @outlook.com ;
  • un montant élevé, un taux très bas ou une durée exceptionnellement longue au regard de votre situation ;
  • une somme à payer avant le versement du crédit, parfois par transfert d’argent comptant international ;
  • une société qui usurpe le nom d’un établissement existant.

Pour contrôler un interlocuteur, la méthode détaillée figure dans notre guide pour vérifier qu’un prêteur d’argent en ligne est autorisé. En cas de doute ou si vous avez déjà payé, contactez directement la FSMA.

Passer par un professionnel agréé

Si personne dans votre entourage ne peut ou ne doit prêter, un crédit à la consommation auprès d’un prêteur agréé offre un cadre protecteur : information précontractuelle standardisée, TAEG annoncé et plafonné, évaluation de la solvabilité, consultation de la Centrale des crédits aux particuliers de la Banque nationale et, en principe, un délai de rétractation de 14 jours.

Si vous ne souhaitez pas passer par votre banque, l’article de Solucredit sur les voies légales pour emprunter hors banque présente les sociétés de crédit non bancaires et les intermédiaires inscrits auprès de la FSMA.

Pour un besoin chiffré, le prêt à tempérament fixe dès la signature la mensualité et la date de fin. Avant de déposer une demande, voyez aussi ce que le prêteur vérifie réellement.

Pour comparer une offre de prêt personnel, vous pouvez passer par Express Finance, un courtier en crédit : son formulaire permet d’indiquer le montant et la durée souhaités. La demande reste soumise à l’examen du dossier par le prêteur, sans accord garanti.

 

Lien commercial. Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent.

Erreurs fréquentes

  • Prêter une somme importante sans aucun écrit, ou remettre l’argent en espèces sans trace.
  • Oublier de fixer une date de remboursement, puis ne plus savoir quand réclamer.
  • Convenir d’intérêts sans prévoir la retenue du précompte mobilier.
  • Répondre à une annonce de « prêt entre particuliers » et payer des frais avant tout versement.
  • Comparer un prêt familial et un crédit bancaire sur la seule mensualité, sans regarder la durée et le coût total.

Questions fréquentes

Peut-on prêter de l’argent sans intérêt à un proche ?

Oui. Aucune règle n’impose d’intérêts dans un prêt entre particuliers. S’il n’y en a pas, aucun précompte mobilier n’est dû sur des intérêts ; l’écrit reste utile pour prouver qu’il s’agit d’un prêt et fixer le remboursement.

Existe-t-il un montant maximum ?

Non, la loi ne fixe pas de plafond au prêt entre proches. Plus le montant est élevé, plus une convention détaillée se justifie.

Un particulier peut-il proposer des prêts à des inconnus ?

Non : prêter dans le cadre d’une activité commerciale ou professionnelle exige un agrément ou un enregistrement auprès de la FSMA. Une telle offre sans agrément doit être considérée comme suspecte.

Sources

  • Wikifin (FSMA), « Prêter de l’argent à un ami ou à un membre de la famille », mise à jour du 16/02/2026, consulté le 25/09/2026.
  • FSMA, page « Faux crédits », consultée le 25/09/2026.
  • Code de droit économique, article I.9, 34° (définition du prêteur) et article VII.159 (agrément ou enregistrement FSMA), version consolidée du Moniteur belge consultée le 25/09/2026.
  • SPF Finances, précompte mobilier : formalités de déclaration et de paiement (renvoi de Wikifin), consulté le 25/09/2026.