Choisir son crédit immobilier : taux fixe ou variable, durée, formule
Choisir son crédit immobilier, c’est d’abord choisir une formule avant de choisir une banque : le type de taux (fixe ou variable, et avec quelle révision), le mode de remboursement, la durée et la part du prix que vous empruntez. Ces choix fixent le coût total et le risque que vous acceptez pour vingt ans ou plus. Le prêteur ne vient qu’ensuite, quand vous comparez des offres construites sur les mêmes paramètres.
L’essentiel
- Taux fixe : mensualité connue du premier au dernier mois.
- Taux variable : révisé à dates fixes selon un indice public, à la hausse comme à la baisse, dans des limites légales et contractuelles.
- Mensualités constantes ou dégressives : même capital, coût et effort mensuel différents.
- Durée : plus elle est longue, plus la mensualité baisse et plus les intérêts montent.
- La fiche ESIS de chaque offre décrit la formule retenue : c’est elle qu’il faut lire.
Taux fixe ou taux variable : ce que dit la loi
Le Code de droit économique (livre VII, art. VII.143) prévoit que le taux d’un crédit hypothécaire est fixe ou variable. Un taux fixe s’applique pendant toute la durée prévue au contrat. Un taux variable obéit à des règles précises :
- il doit pouvoir évoluer à la baisse comme à la hausse ;
- il ne peut changer qu’à l’expiration de périodes fixées au contrat, d’au moins un an ;
- sa variation suit un indice de référence officiel, choisi selon la durée des périodes (le SPF Économie publie ces indices) ;
- le contrat doit limiter la variation, et la hausse permise ne peut pas dépasser la baisse permise ;
- si la première période dure moins de trois ans, le taux de la 2e année ne peut pas dépasser le taux initial de plus d’un point, celui de la 3e année de plus de deux points.
Wikifin, le site d’éducation financière de la FSMA, résume la limite générale : un taux variable peut au maximum doubler. Certaines formules prévoient un plafond plus strict, appelé « cap ».
Lire une formule variable : 1/1/1, 5/5/5, 10/5/5
Les prêteurs désignent souvent leurs formules par une suite de chiffres : la durée de la première période fixe, puis le rythme des révisions suivantes, en années.
| Formule | Ce qu’elle signifie |
|---|---|
| Fixe | Taux inchangé sur toute la durée. |
| 1/1/1 | Révision possible chaque année. |
| 3/3/3, 5/5/5 | Révision tous les trois ou cinq ans. |
| 10/5/5, 20/5/5 | Taux fixe dix ou vingt ans, puis révisions tous les cinq ans. |
Deux formules de même nom peuvent être très différentes. Relevez dans l’offre : l’indice de référence utilisé, sa valeur initiale, les dates de révision, le cap à la hausse et à la baisse. La fiche ESIS doit indiquer ces éléments, ainsi que les périodes pendant lesquelles le taux reste fixe.
Le test à faire avant de choisir une formule variable
Personne ne prévoit les taux de façon fiable. La bonne question n’est donc pas « les taux vont-ils baisser ? », mais « pourrais-je payer la mensualité maximale que ma formule autorise ? ». Calculez cette mensualité à partir du cap de l’offre, ajoutez les charges réelles du logement, et vérifiez que le total reste tenable.
Exemple chiffré (hypothèses purement illustratives, ce ne sont pas des taux de marché) : 250 000 € sur 25 ans, mensualités constantes, taux mensuel équivalent au taux annuel, sans frais ni assurances. Formule 1/1/1 démarrant à 3 %, sans cap contractuel, avec le pire scénario permis par la loi.
| Période | Taux | Mensualité |
|---|---|---|
| Année 1 | 3 % | 1 180 € |
| Année 2 | 4 % | 1 305 € |
| Année 3 | 5 % | 1 431 € |
| Dès l’année 4 | 6 % | 1 558 € |
Dans ce scénario extrême, la mensualité augmente d’environ 378 € en trois ans, et les intérêts totaux atteignent environ 208 000 €. À titre de comparaison, un taux fixe hypothétique de 3,5 % sur les mêmes bases donne 1 244 € par mois et environ 123 000 € d’intérêts. Si le taux variable restait à 3 % pendant 25 ans, les intérêts seraient d’environ 104 000 €. Le variable est un pari sur l’écart entre ces deux extrêmes : choisissez-le seulement si vous pouvez supporter le haut de la fourchette. Un cap contractuel réduit ce risque : c’est une ligne à comparer d’une offre à l’autre.
Pour situer les taux réellement pratiqués, consultez notre page sur le taux hypothécaire actuel en Belgique, qui s’appuie sur les moyennes publiées par la Banque nationale.
Mensualités constantes ou dégressives
Wikifin distingue deux façons courantes d’amortir le capital :
- Mensualités constantes : vous payez le même montant chaque mois. Au début, la part d’intérêts est élevée ; elle diminue ensuite au profit du capital.
- Mensualités dégressives (amortissement constant) : vous remboursez chaque mois la même part de capital. Les intérêts, calculés sur le solde restant dû, diminuent ; la mensualité baisse au fil du temps.
Avec les mêmes hypothèses (250 000 €, 25 ans, taux fixe illustratif de 3,5 %) :
| Mode | Mensualité et intérêts |
|---|---|
| Constantes | 1 244 € par mois ; environ 123 000 € d’intérêts |
| Dégressives | 1 551 € le 1er mois, 836 € le dernier ; environ 108 000 € d’intérêts |
La formule dégressive coûte moins cher, mais demande un effort plus lourd au départ, au moment où les frais d’installation pèsent déjà. Elle convient surtout à un budget qui peut absorber la première mensualité sans tension.
Les formules sans amortissement du capital
Il existe aussi des crédits où seuls les intérêts sont payés pendant la durée, le capital étant remboursé en une fois à l’échéance (crédit à terme fixe, dit « bullet »), parfois reconstitué par une assurance-vie. Wikifin appelle à la prudence : si l’assurance-vie liée est de type branche 23, son rendement n’est pas garanti et le capital prévu pour rembourser peut manquer. Les intérêts, calculés sur tout le capital pendant toute la durée, sont aussi plus élevés. Ces montages demandent un conseil personnalisé. Le crédit-pont, qui finance un achat avant la vente d’un autre bien, est une solution temporaire à part.
La durée : le levier le plus puissant sur le coût
À taux égal, allonger la durée baisse la mensualité mais augmente fortement les intérêts. Ne partez pas d’une mensualité souhaitée pour en déduire la durée : fixez le montant, testez deux ou trois durées et retenez la plus courte que votre budget supporte durablement. Le prêteur doit de toute façon évaluer votre capacité de remboursement avant d’accorder le crédit.
Quotité, garantie et produits liés
- Quotité : c’est la part de la valeur du bien financée par le crédit. Plus elle est élevée, plus l’examen du dossier est strict et plus le taux proposé est généralement élevé. La Banque nationale a fixé des attentes prudentielles aux banques sur les crédits à quotité élevée ; notre guide ING crédit hypothécaire les détaille.
- Garantie : inscription hypothécaire, mandat hypothécaire ou combinaison des deux. Le choix modifie les frais d’acte et la possibilité de réemprunter plus tard sans nouvel acte.
- Produits liés : une réduction de taux peut être conditionnée à une assurance liée au crédit ou à un compte. Chiffrez toujours le coût des produits exigés face à la réduction obtenue. Vous n’êtes pas obligé de souscrire l’assurance solde restant dû chez le prêteur.
Les erreurs fréquentes
- Choisir un taux variable parce que son taux de départ est plus bas, sans calculer la mensualité au cap.
- Comparer une formule 5/5/5 d’une banque à une 5/5/5 d’une autre sans vérifier leurs caps respectifs.
- Allonger la durée pour « faire rentrer » la mensualité.
- Retenir un taux « avec réductions » sans chiffrer les produits exigés.
- Oublier que le budget logement dépasse la mensualité : précompte immobilier, assurance incendie, énergie, entretien.
Et ensuite : comparer les offres
Une fois la formule choisie, demandez des offres sur des paramètres identiques (montant, durée, formule de taux) et comparez-les avec leur fiche ESIS et leur TAEG. La méthode est décrite dans notre guide pour comparer un crédit hypothécaire en Belgique. Pour le calendrier complet, du compromis à l’acte, voyez contracter un crédit immobilier en 6 étapes.
Pour disposer d’un point de comparaison, vous pouvez consulter l’offre de crédit hypothécaire présentée par solucredit.be, un site partenaire (lien commercial). Comparez-la aux autres offres reçues sur des paramètres identiques, fiche ESIS et TAEG à l’appui : l’octroi du crédit dépend toujours de l’analyse de votre dossier par le prêteur.
Questions fréquentes
Un taux variable peut-il baisser ?
Oui. La loi impose qu’il puisse varier dans les deux sens, selon l’indice de référence prévu au contrat, et que l’écart autorisé à la hausse ne dépasse pas celui autorisé à la baisse.
Peut-on changer de formule en cours de crédit ?
Seulement avec l’accord du prêteur (avenant au contrat) ou en refinançant le crédit, ce qui entraîne des frais. Le choix de départ mérite donc d’être fait avec soin.
Le taux le plus bas est-il toujours le meilleur choix ?
Non. Une formule variable au départ plus bas peut coûter plus cher qu’un taux fixe si les taux montent. Comparez le coût total et la mensualité maximale possible, pas seulement le taux de départ.
Sources
- Code de droit économique, livre VII, art. VII.143 (taux fixe ou variable, périodes d’au moins un an, indice de référence, limites de hausse) VII.144 (calcul des intérêts), VII.145 (modification du contrat), VII.147 (ventes liées et réductions conditionnelles) et annexe ESIS (description du taux et de ses limites), version consolidée publiée par le Moniteur belge au 24/09/2026 ; SPF Économie, livre VII, consulté le 25/09/2026.
- SPF Économie, Indices de référence pour les taux variables, consulté le 25/09/2026.
- Wikifin (FSMA), Un crédit hypothécaire à taux fixe ou taux variable ? (mise à jour 09/02/2026), consulté le 25/09/2026.
- Wikifin (FSMA), Quel type de crédit hypothécaire choisir ? (mise à jour 09/02/2026), consulté le 25/09/2026.
- Wikifin (FSMA), Quelles assurances devez-vous souscrire ? (libre choix de l’assureur), consulté le 24/09/2026.
- Calculs : mensualités calculées au taux mensuel équivalent au taux annuel, arrondies à l’euro ; intérêts arrondis au millier d’euros. Taux hypothétiques, sans valeur d’offre.

